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Le Thane du Nadir : Introduction

Prologue : quelles arthuriades ?

De multiples sources mais des choix précis vers des textes évocateurs, voilà de quelle eau de vie s’abreuve ce récit. Depuis Yvain le Chevalier au Lion (C. de Troyes) en passant par La Légende du Roi Arthur (T. Malory) et allant jusqu’à Gawain et le Chevalier Vert (JRR. Tolkien) ils sont nombreux ces récits qui nous enchantent en nous contant les péripéties des chevaliers et sujets du Roi de Bretagne. Les souvenirs de nos protagonistes leurs appartiennent mais qu’il soit dit que ce qui suit est dans les mémoires de tous les êtres qui respirent l’air de la Grande Ile… A l’orée du siècle précédent, un enfant né d’un adultère est caché (volé disent certains). Il disparaît des linges dans lesquels il était emmailloté non loin du lit de sa mère la Reine Ygraine, durant l’hiver qui suit sa naissance. Le fils d’Uther aura donc un autre père.

Quelques années plus tard, à peine assez âgé pour être page, il fut envoyé loin au sud pour que son éducation soit faite depuis l’étranger et par l’étranger. Ce regard et cette distance lui serviront toute sa vie à conserver un pas d’avance sur ses adversaires. Lorsqu’il est tout juste homme entre l’an 410 et l’an 420, il revint secrètement en Bretagne alors que de vilains drôles tels Vortigern et Méléagant terrifiaient les bretons par leurs actes tyranniques. Ces deux-là vivaient depuis bien plus longtemps qu’ils ne l’auraient dû, et l’un au sud comme l’autre au nord, ils avaient l’île entière sous leur domination en coupe réglée, sans doute grâce à des maléfices dont le secret est aujourd’hui perdu.

Alors qu’il est tout jeune homme, Arthur fut amené par Myrdhinn auprès de l’épée dans le rocher et parvint à l’en extirper. Cependant ils n’en font alors aucun bruit et gardent cela secret pendant une poignée de lustres. Arthur va alors apprendre et comprendre les récits, les souvenirs, les rancoeurs et les rancunes, les devoirs et les honneurs… Il resta silencieux jusqu’à ce qu’il soit capable de prendre la mesure de son héritage et qu’il décide de se révéler à ses frères bretons. Il s’en suivit les guerres que l’on sait. Uther et Agravain s’étaient tant combattus qu’ils avaient ruiné le pays. Leurs deux successeurs despotes, tout en évitant de se combattre, firent au moins autant de mal au pays et à sa population. Pourtant ils n’avaient plus les Romains à combattre, ceux-là s’étant retirés depuis longtemps.

La suite le monde entier la connaît. Arthur une fois revenu au rocher à l’occasion d’un tournoi, ayant accompli cette fois-ci publiquement sa prouesse, rassembla autour de son épée une fraternité nouvelle. Un cercle de Chevaliers pour la première fois de l’histoire nommés ainsi, le suivit au combat contre l’un et l’autre roitelets. Yvain, Lancelot, Galahad, Tristan, Perceval, Gawain, Bohort… tels sont les noms de ces compagnons que tous les poètes qui ont conté cette histoire ont au moins cité une fois.

Arthur leur montra la force des Celtes en même temps que l’esprit des Romains et ces deux trésors incompatibles mais complémentaires lui apportèrent toutes les victoires de son règne. Durant l’unification de la Bretagne, une fois Vortigern et Méléagant vaincus, se levèrent quelques indigents, certes un peu plus dignes, mais hélas pour eux, pas plus puissants que ses adversaires précédents. Parmi eux Loth d’Orcanie qui avait déjà quatre fils. Lancelot et Arthur réduisirent à néant cette opposition avec une férocité qui engendra de la pitié dans le regard de Myrdhinn, c’est du moins ainsi que ce fut parfois écrit. Le vieux sage sauva Gareth, le plus jeune des quatre garçons, et le cacha en Aquitaine, comme autrefois il avait occulté le jeune Arthur du regard des Seigneurs Bretons en l’envoyant à Rome.

Une fois victorieux et son royaume unifié, Arthur se maria sous les auspices de tous les dieux de la Bretagne, anciens et nouveaux rites associés en une seule homélie. Malgré ces multiples bénédictions, il n’eut par la suite pas le moindre héritier, pas même un bâtard en dehors de l’enfant qu’il fit, malgré lui dit-on, à sa soeur Morgane. C’est sur le tard que le règne d’Arthur montra les faiblesses de cet illustre Roi. Pêcheur malgré lui, piégé entre deux mondes et en face d’un troisième, il ne put finalement vaincre sa propre légende ni son propre reflet… Mordred, l’enfant qui poussait comme une mauvaise herbe fut adulte très tôt, bien trop tôt pour que ce soit par nature. Flanqué de sa mère qui lui murmurait sa magie sans cesse à l’oreille, il revendiqua le trône et se dressa contre son père, fort d’une armée conquise à la cause de Morgane. La légende s’acheva pendant que le Destin parvenait à ses fins. Arthur et son fils s’entretuèrent donc sur la bosse penchée du mont Badon durant l’avant-dernière décennie du siècle et cette double défaite sonna la fin des guerres fratricides entre Bretons. Ce fut aussi, hélas, l’oraison funèbre d’un règne qui reste à ce jour le plus long de l’histoire de la Bretagne. Le pays se délita ensuite pendant plus de vingt ans, les pairs du royaume redevenant les barons hagards qu’ils étaient avant Arthur, comme atteints dans leur esprit par la mort de leur illustre souverain.

Le Temps est alors en deuil d’un roi qui fixerait la marche des siècles, jusqu’à ce qu’un jour, un espoir renaisse peut-être enfin. Cinq lustres après la mort d’Arthur une rumeur commença à se répandre en Bretagne. Il se racontait presque partout où l’on peut boire de l’alcool, qu’une jeune femme avait déployé son aura au-dessus de la tête du moindre petit baron de l’île, les ayant tous vaincus en combat singulier. En deux saisons ces faits ne furent plus contestés et la légendes prit corps. Par la suite, elle retira comme son antécédent, l’épée du rocher et déclara être la petite fille d’Arthur et donc, la fille de Mordred. Femme anonyme, enfant trouvée, si elle n’avait bâti sa réputation en amont de sa conquête de l’épée, personne sans doute ne l’aurait crue. La suite, vous la connaissez. Elle est d’ores et déjà écrite dans les chansons et récits qui racontent Les Noces de Glace et de Feu… La jeune Pendragon eut l’outrecuidance d’aimer le fils de l’ennemi héréditaire de son grand père : Gareth Orkney McLeod ! Elle annonça ses épousailles et convia tous ces beaux messieurs pairs du royaume à festoyer à l’unification de la Bretagne.

 

Un beau mariage, mais trop de funérailles !

Les Noces de Glace et de Feu du printemps 515 ont été ternies par le sang de plusieurs hôtes dont les morts n’ont pas été forcément résolues ni vengées. Quatre personnages illustres ont perdu la vie en ce soir de liesse et c’est un bien mauvais présage qui fut, dès le matin, lu dans les nuages encore empourprés des éclats de sang de la veille. L’unité de la Bretagne fut conquise à l’arrachée, mais surtout grâce aux liqueurs servies lors du grand banquet des épousailles. Quelques irréductibles ne plièrent point le genou devant les forces assemblées de Logres, d’Alba et des Borders, mais cela fut considéré presque sans importance. 

La fête terminée, on comptait donc au moins quatre morts malheureuses mais pourtant bien désirées par plusieurs protagonistes en présence. L’invincible Lamorak qui disait la veille à McLeod : « debout derrière toi toujours, à genou devant toi jamais. » fut étalé pour le compte et ne se releva pas. La prêtresse du Dragon de Cambria elle, fut assassinée le soir-même devant les portes de la grand-salle du banquet et cela ne coupa pourtant l’appétit à personne. On ne se souvient pas bien quand disparût Moira qui venait expressément de son île du Ponant pour assister aux noces, mais il se murmure que les hommes des Borders l’auraient transpercée d’une lance… sur ordre de McLeod ! On raconta enfin dans les tavernes et les chaumières avoisinantes de Pons Aelys et la rumeur se fit grandissante les mois suivants, que la Bretagne ne pourrait plus vivre en paix avant longtemps. Pourquoi ? Parce que le Grand Jarl Hamlet, Roi des Danes et suzerain des Jutes, était venu mourir ici en défendant le château de la Reine Elyr-Ann Pendragon, le lendemain de son mariage avec Galaudyne O’Eryen Laufey, la propre cousine germaine de la Reine par leur grand-mère Morgane… Ces morts obscures s’ajoutant au suicide de la Duchesse d’Aquitaine et les tombes anonymes des premiers morts noyés, sur lesquelles tout fut laissé en friche et personne ne vint poser d’offrande pendant 3 années… Tout cela irrita le Grand Nord dirent alors les Druides et chantèrent les Scaldes. Du Septentrion glacé on attendit donc un hiver sinon plusieurs, plus rudes qu’auparavant, en punition de ces gestes impies. C’est en définitive, exactement le contraire qui se produisit.

En fin de compte, il ne fit plus froid du tout. La Bretagne vit ses arbres et ses champs désolés par trop de chaleur et pas assez de pluie. Cela dura trois années, ce fut un été de douze saisons ! Quand cette année les orages revinrent enfin au terme de ce qui s’appelle encore le printemps mais n’en a plus la forme ni l’odeur, ce fut pour noyer la terre devenue aride. Elle était alors comme les byzantins décrivent le désert d’Africa, grand continent inconnu des Bretons. C’est sur ce cette argile craquelée que se tracèrent péniblement ce que l’on nomme aujourd’hui Les Alliances d’Os et de Sel.

 

Deux saisons, l’été, l’hiver… et entre les deux, l’Enfer.

Tous les bretons ressentirent la terreur délétère et les passions exacerbées par cet été qui n’avait que trop duré… A la suite de cette sècheresse, les trois derniers mois de printemps furent encore pires. La pluie revint enfin et ne cessa de tomber pendant près d’une lune. Ensuite la boue, partout la boue et la pestilence des marécages comme en Lombardie, engendrèrent leur lot de conséquences funestes ! Les mouches et les midges comme importés par les vents du sud qui accompagnaient cette averse interminable, vinrent dévorer du breton… et c’est alors que la mer se prit de jouer elle aussi sa détestable partition dans cet assaut innommable. Depuis le large des morts noyés revinrent dans les terres… Des vikings abîmés non loin des côtes à l’est, aussi au nord ceux qui s’étaient entretués avec des Pictes, des Hiberniens à l’ouest et… des romains au sud aurait-on pu croire, mais non le sud resta un littoral sûr. Depuis les rivières et les puits aussi, on vit sortir tous les oubliés sans sépulture et laissés à moisir selon l’humeur de l’élément liquide. La mort aqueuse vint comme pour engloutir la Bretagne asséchée durant trois années. Personne ne pouvait prévoir que la grande île serait ainsi prise d’assaut par des forces ayant l’apparence de ces cadavres gorgés d’eau. Les byzantins, encore eux, y reconnurent la hantise des anciens, l’enfer des grecs, dont l’élément est l’eau et non le feu comme veulent le décrire les apostoliques romains… A bien y réfléchir et aussi pour tromper la peur, certains en font alors une plaisanterie de taverne. « Si les morts qui marchent étaient embrasés et non détrempés, ce serait peut-être pire mais au moins ce serait propre ».

Quoi qu’il en soit, tout un chacun n’est pas obligé de croire cette explication sans fondement qu’il y aurait différents Enfers selon le moment de l’Histoire. Car enfin ! Les dieux de l’île de Bretagne étaient tout autres il y a encore quelques décennies et peut-être que ce sont eux qui viennent ainsi reprendre ce qui leur appartient… en détruisant leurs adorateurs ? Non décidément la piste divine est impénétrable, mais alors de qui et d’où viendra la solution ? Et surtout est-ce que ce sera accompli à temps pour sauver ce qui reste encore à sauver ? Voilà donc la situation qu’affrontent Elyr-Ann et Gareth comme première épreuve de leur règne… Tous souhaitent et espèrent que ce ne soit pas aussi la dernière. Parmi les plus fervents on trouve évidemment ceux qui se souviennent qu’elle est aussi, par l’adultère qui fonde la légende, une descendante de Morgane. De nouvelles rumeurs vont bon train, peu de gens se taisent encore par respect tant la terreur est omniprésente. Tous s’entendent pour dire qu’en matière d’héritage, l’épée n’était peut-être pas ce que la Reine aurait dû revendiquer. A ce propos, tous relèvent que Morgane est toujours parmi nous… Merlin aussi… Qu’en disent-ils eux, ces deux artisans du retour des Pendragon sur le trône ? Quand est-ce qu’ils feront enfin quelque chose d’utile pour la Bretagne ?

 

Dos à la mer, face à la mort.

La résistance des Bretons à leur destin prit corps dans le comté de Wiht à l’été 518, dans l’extrême sud de l’île. C’est là que les forces de Britannia se sont retranchées pour vaincre ou mourir. Leur état-major était composé des ambassades de chaque grand vassal. En effet tous les pairs du Royaume avaient été vaincus à domicile. Ils avaient résisté plus ou moins longtemps mais finalement avaient tous cédé sous les assauts répétés de l’océan d’un côté et de la mer de l’autre. Fuyant leurs domaines ils se sont rejoints sur la route du sud, jusqu’à se retrouver plus bas que le mont Badon sur la carte. Là, comme protégés par l’ombre de ce pauvre monticule où Mordred et Arthur se sont entre-tués trois décennies plus tôt, la légende allait se répéter en broyant les bretons comme un dragon peut mâcher ses mots. Certains disent que Welsh/Wallys fut créé pour être un éternel champ de bataille. Il était donc logique pour les bardes et les scaldes que tout se joue à cet endroit, là où la puissance du vrai Dragon semblait encore vivace. Cela ne rassurait évidemment personne. Le Comté de Wiht avait été offert en cadeau de vassalité aux Frisons ayant rejoint la Cour de Bretagne sous les couleurs de Mark Ottlander. Trois ans plus tôt encore Général Mercenaire à la solde des Saxons, il était devenu bourgmestre, ou gouverneur, selon qui s’adressait à lui. Il fit contre mauvaise fortune bon coeur parce qu’il pouvait tout autant rentrer chez lui au demeurant mais non, il fut fidèle au serment qu’il avait fait à la Reine. Il présenta en outre, l’avantage de rallier à lui l’estime de tous les autres chefs militaires qui pour la plupart avaient eu à le combattre et préférèrent être dans son camp pour cette ultime bataille, même si cette fois-ci l’adversaire était vraiment légion et monstrueux.

 

Des chants de guerre, une danse de paix.

Le combat fut tempête d’acier. Les créatures ancestrales qui s’étaient relevées elles aussi se joignaient à la bataille. Hamlet Vanessen, le Roi des Danes, revenu d’entre les morts, armé d’un Mjölneer fort à propos, menait les morts noyés au-devant des combattants bretons. L’union sacrée prévalut et longtemps les combattants bretons eurent le dessus. Jusqu’à ce que le marteau parle et que des forces supérieures soient nécessairement convoquées pour abattre les morts noyés. Les motivations d’Hamlet semblaient changer au fur et à mesure des combats. Il était venu pour offrir une mort glorieuse à ceux que les anciens dieux avaient abandonnés. Il obtint que les bretons chantent les funérailles guerrières de ses hommes avant les batailles, pour qu’ils puissent revendiquer leur place au Valhalla. La bataille fit rage et le héros mort-vivant fut vaincu, ses soldats décharnés et imbibés de l’enfer liquide des grecs, furent quant à eux repoussés par la complainte de la Pythie venue de Byzance. Ainsi se termina le sauvetage de la Bretagne par les bretons et leurs alliés de circonstance… A quel point et à quel poids cela pèsera sur la destinée du pays ? C’est de cela qu’il est dorénavant question.

 

Les Accords de Granit et de Papier.

Le dernier acte de cette saga est un épilogue de la guerre, mais aussi le premier chapitre d’une reconstruction que tous les habitants de l’île espèrent de toute leur âme. Quelques jours suffirent pour que l’île soit pratiquement reconquise et qu’il ne demeure des morts noyés qu’en Alba, là où les murs romains encore trop solides, empêchèrent le charme de la Pythie de s’étendre. Elle fit danser les morts et cette subjugation fut la manoeuvre qui sauva l’armée bretonne. En tous les cas, c’est ainsi que Byzance voit les choses et elle le fait savoir en maintenant pour l’instant sa présence sur l’île.

Le granit évoqué ici est cette roche basaltique qui porte la marque du Thane. Son identité n’est plus un secret, depuis qu’un coin de son manteau rocheux fut soulevé. Son nom a retenti quelques fois sur le mont Badon quand les uns et les autres ont compris un peu de son mystère. Puis tous s’accordèrent pour ne plus le prononcer en vain. CuChulain est donc le Thane du Nadir. Il repose certainement sous terre, ou sous la mer, personne n’est déjà assez instruit de son histoire pour être sûr de l’emplacement de sa prison. Sa prison oui, car il n’est pas complètement mort. Il paraît même évident qu’il y avait un peu de lui présent sur le mont Badon. Les druides s’entendent pour dire qu’il habitait le corps de Hamlet Vanessen. Ils pensent maintenant qu’il lui fit faire un certain nombre de choses à l’insu des pairs du royaume de Bretagne et ce, bien avant de se déclarer son ennemi au-devant de son armée de morts noyés.

Le Royaume de Man tient en sa possession des fragments de vertèbres de Thrall, gravés de symboles précis. Ils furent rassemblés à l’occasion de ce qui est dorénavant nommé « la Seconde Bataille du Mont Badon ». Ils témoignent de ce qu’Hamlet a délibérément cassé grâce à son Mjölneer, des scellements magiques qui retenaient le Thane en sa prison intermédiaire, située entre la terre et l’eau, ce qui expliquerait pourquoi et comment il put étendre son pouvoir pour lever une armée de revenants issus de l’enfer alentour.

La raison du sort qui fut infligé à CuChulain reste obscure, pourquoi l’enfermer ? Pourquoi à cet endroit-là ? Depuis quand est-il là ? Pourquoi un gardien qui aurait pu l’empêcher de nuire, n’a-t-il été placé devant sa geôle ? Ou… question plus inquiétante, s’il y en avait un, qu’est-il devenu ?

 

Les mystères rincés par la pluie.

L’été n’est pas encore revenu et tous espèrent que ce sera le plus tard possible, car la dernière fois il dura trois ans. Le printemps offre dorénavant un visage plus sec, il ne pleut que modérément et la marche naturelle des saisons semble rétablie.

Il y a des pierres à déchiffrer, des édits à proclamer, des contrats à poser sur le papier, des morts à honorer et d’autres à tuer une seconde fois… C’est de tout cela que les pairs du Royaume de Bretagne viennent discuter en le fief du Roi Gareth. Depuis qu’il fut établi qu’il a été sauvé par Myrdhinn, son histoire fait définitivement écho à celle d’Arthur. Par ailleurs, plusieurs indices et témoignages disent que c’est là que se trouvent les réponses espérées par tous et l’entrée de la prison du Thane. 

Pendant que sa Reine est devenue celle qui sauva la Bretagne des morts noyés l’épée à la main, grâce lui en soit rendue, Gareth était à ses côtés. C’est au tour d’Elyr-Ann de veiller à la justice en leur royaume enfin rassemblé en un seul fief, pendant qu’il accomplit de sceller la paix pour de bon et tous l’espèrent, pour toujours. Le couple royal n’en a pas fini et sans doute ne se reposera-t-il jamais vraiment. Plaît-il ? Que dites-vous ? Le rôle des alliés à inscrire dans les livres pour la postérité ? Comment les remercier pour leur ingérence bénéfique ? Comment considérer les pairs du Royaume dorénavant ? Tout cela aussi doit être discuté, oui, mais nous verrons cela en son temps.

 

Parce qu’il faut aussi penser que…

Les derniers morts noyés doivent être éradiqués définitivement, comment se fait-il d’ailleurs qu’il y en ait encore qui viennent de façon dérisoire tenter de tuer des bretons ? Le Culte du Dragon a repris son essor parce que les têtes couronnées ont proféré des promesses solennelles, alors qu’elles étaient rassemblées devant le Grand Ver de Cambria. L’Eglise byzantine fait valoir ses droits puisqu’elle a sauvé la Bretagne et le prix de la danse la plus chère de l’Histoire de cette île doit être fixé et payé. Les druides expliquent que l’on doit en fait la victoire aux chiens de rivière invoqués tantôt et veulent créer le Culte de la Loutre, entre autres choses impliquant des libations et des pintes de bière pour concurrencer le vin de messe des Byzantins. Le sud est devenu un seul grand comté par le mariage du persistant Seigneur saxon et de la fille de Man, même si cette famille-là a tout à coup des problèmes d’allégeance et de religion tout à la fois, à la suite de cette union.

Autant de choses que je dois consigner dans le grand livre avant ma propre fin.

 

Jörel de Thulé (enthulé!)